Entretien et conservation
Prendre soin d'un modèle réduit : l'approche d'un conservateur pour l'exposition au quotidien

Un modèle bien construit ne se dégrade pas avec l'âge. Il se dégrade avec son environnement. La lumière, la chaleur, la poussière et les variations d'humidité sont ce qui ternit une finition, décolore un pont et desserre un assemblage, et chacun de ces facteurs est sous votre contrôle. Les règles qui suivent sont pour l'essentiel celles que les musées appliquent à leurs propres collections de modèles de navires, adaptées à une maison ou un bureau plutôt qu'à une galerie à climat contrôlé.
La lumière
Le rayonnement ultraviolet est l'ennemi de toute surface peinte, vernie ou en bois. Il blanchit les coques, jaunit les finitions transparentes et décolore les ponts, et les dégâts sont à la fois cumulatifs et irréversibles : impossible de les rattraper ensuite. Tenez un modèle entièrement à l'écart de la lumière directe du soleil, et pas seulement du soleil de midi. Là où la pièce est éclairée, utilisez un éclairage LED dans la plage chaude de 2700 à 3000 K, qui donne une lumière naturelle et flatteuse sans le rayonnement ultraviolet des lampes halogènes ou de la lumière du jour. Une bonne vitrine en acrylique bloque bien plus de 90 pour cent des UV tout en restant parfaitement transparente, ce qui est l'une des raisons pour lesquelles nous la préférons à une exposition à l'air libre.
La chaleur
La chaleur fait ses dégâts de manière indirecte, en entraînant le cycle d'humidité décrit plus bas. Tenez un modèle et sa vitrine à au moins deux mètres de tout radiateur, cheminée, plancher chauffant ou bouche d'air chaud, et ne posez jamais un modèle sur un appareil qui chauffe. Une température stable de l'ordre de 18 à 22 °C est idéale. Ce qui compte plus encore que le chiffre, c'est qu'elle ne varie pas brusquement : une pièce fraîche et stable est plus douce qu'une pièce chaude qui monte et descend sans cesse.
L'humidité
Le bois, les cordages et de nombreux adhésifs sont hygroscopiques. Ils absorbent et restituent l'humidité au gré des variations de l'air ambiant, gonflant et se rétractant très légèrement à chaque fois. Maintenez l'humidité relative stable, quelque part entre environ 45 et 55 pour cent, et vous supprimez l'essentiel des tensions internes qui finissent par fissurer une coque ou faire jouer un assemblage. Une vitrine fermée ou semi-fermée, avec un petit sachet de gel de silice à l'intérieur, tamponne l'air à merveille ; elle évolue bien plus lentement que la pièce qui l'entoure. Régénérez ou remplacez ce gel tous les trois à six mois, selon votre climat. Les deux états à éviter sont les extrêmes : une pièce très sèche, chauffée au cœur de l'hiver, et une pièce humide et non ventilée.
La poussière
La poussière est légèrement abrasive, et elle piège l'humidité contre la surface sur laquelle elle se dépose. Retirez-la avec un pinceau souple en poils naturels, martre ou chèvre plutôt que synthétique, ou avec une poire soufflante du type de celles utilisées pour les capteurs d'appareils photo. Ne recourez jamais à une bombe d'air comprimé : le propulseur laisse la bombe assez froide pour choquer et craqueler une surface laquée. Travaillez du haut vers le bas, soutenez le modèle au fur et à mesure, et brossez le long des détails fins tels que les rambardes et le gréement plutôt qu'en travers, où un poil rigide peut plier le laiton photodécoupé.
Coque, gréement et accessoires, chacun traité différemment
Un chiffon en microfibre à peine humide, suivi immédiatement d'un chiffon sec, convient pour retirer une empreinte de doigt ou une marque d'une coque peinte. Ne passez jamais un chiffon humide sur le gréement ou les voiles : le fil et le tissu retiennent l'eau, puis s'affaissent et se tachent. Traitez les rambardes photodécoupées et le laiton fin comme les objets délicats qu'ils sont, en brossant dans leur longueur, jamais en travers. Lorsque vous devez déplacer la pièce, soulevez-la par son socle ou par la partie pleine de la coque, jamais par un mât, une rambarde, un bossoir ou un beaupré, et envisagez des gants de coton pour tenir les huiles de la peau, qui sont acides, à l'écart du laiton nu et de la peinture.
La vitrine elle-même
Une vitrine doit être au moins 20 pour cent plus grande que le modèle sur chaque côté. Cette marge n'est pas seulement une question de présentation ; elle laisse l'air circuler autour de la coque, de sorte que l'humidité ne se condense jamais contre elle, et elle tient le verre ou l'acrylique à l'écart des accessoires délicats. Placez la vitrine comme vous placeriez le modèle : hors du soleil, loin de la chaleur, dans le coin le plus stable de la pièce.
Traité de la sorte, un beau modèle survit aisément à son premier propriétaire et se transmet avec ses détails intacts. Si vous souhaitez des conseils propres à votre pièce Marea, le bois, la finition et le gréement particuliers que nous avons employés pour elle, écrivez-nous à wave@mareascalemodels.com et nous vous les détaillerons.